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J'ai vécu le harcèlement scolaire 

Je crée ce post car je suis très vigilente sur le comportement de mes enfants au sein d'un groupe, de leur respect et de leur empathie envers les autres enfants, ainsi que sur les situations qu'ils vivent, prête à bondir telle une lionne pour les protéger du harcèlement et ne pas laisser s'installer des situations d'inconfort.

Lorsque j'étais petite, j'occupais la tête de classe. Mais ça, seulement jusqu'au CM1, car tout a basculé. J'avais 9 ans. La maîtresse ne m'aimait visiblement pas, j'étais une enfant discrète et timide, je n'osais jamais participer et m'exposer au regard de mes camarades. L'adulte face à moi s'est moquée ouvertement de ma timidité par de la douce violence, faisant rire aux éclats les autres enfants et m'enfermant encore davantage dans ma solitude. J'avais très peu de copines, je jouais en récréation mais toujours à l'abri des regards. Je détestais l'école et je pleurais intérieurement chaque matin, la boule au ventre en me dirigeant vers ce portail de l'enfer.

Cette année scolaire a mis une éternité à se terminer, et m'a définitivement cloisonnée hors du cercle social de ma classe d'âge.

L'entrée au collège a été difficile dans ce contexte de peur du jugement des autres, de timidité à outrance, et de manque de confiance. J'étais un peu comme une petite créature fragile qui pénétrait dans une forêt maléfique.

Et malheureusement, l'entrée au collège, c'est l'étape de la pré-adolescence, où chacun veut montrer sa force, être remarqué et admiré. Et quoi de facile pour y parvenir que de s'attaquer au plus faible ... moi !

J'ai passé 4 ans de moqueries, sur mes vêtements et sur mon nom que j'ai eu en horreur. Je rêvais de disparaître, j'imaginais souvent qu'on viendrait me chercher en me disant "Venez, vous n'êtes pas à la bonne place, il faut partir tout de suite" tel un film où tout bascule, tout devient possible, la lumière au bout du tunnel.

J'avais des copines, mais surtout une meilleure amie, qui ne m'a jamais quittée et que j'ai encore, qui vivait également des choses difficiles, avec qui je me suis construite en parallèle. C'était ma bouffée d'oxygène, la personne en qui je pouvais avoir confiance malgré les remous de l'adolescence.

Ma vie a changé en redoublant ma 3ème et en me retrouvant plus âgée que les autres et plus sûre de moi. Puis l'entrée au lycée où les rapports aux autres ne sont plus les mêmes, les codes changent. Je me suis retrouvée dans des classes où les rôles se sont inversés, où j'étais appréciée malgré que je restais toujours en retrait des groupes, et où d'autres étaient malmenés.

Sortie d'une telle expérience, je me suis retrouvée à rassurer les exclus, à prendre leur défense, les faire sourire et les inclure dans mes conversations.

Toutes ces années ont été difficiles à vivre et malheureusement, ces épreuves passent inaperçues aux yeux des adultes. La vie ne m'a pas laissée sombrer au point de vraiment disparaître, sûrement que le courage m'a manqué, mais j'ai gardé de nombreuses blessures de cette période.

Si je suis aujourd'hui toujours à l'écoute de tout le monde, si je prône la bienveillance et le partage, l'entraide, c'est parce que je sais à quel point ce monde peut isoler, peut rabaisser, briser.

Alors vraiment, aux ados qui me lisent, ayez le courage d'être à contre-courant pour rassurer un exclu, résistez à la tentation d'asseoir votre supériorité en malmenant les autres, prenez conscience que ça pourrait être vous.

Et aux adultes, questionnez les enfants de votre entourage, notez les défaillances de confiance qui viennent peut-être des autres, ne banalisez pas les ressentis sous prétexte que les disputes entre enfants sont normales. Restez à l'écoute de toute situation répétitive.

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